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Délicate et saine

Délicate et saine

Journal d'une reconversion professionnelle. Ou comment passer de Directeur Travaux à Charcutier Traiteur.

Reconversion mode d'emploi

Reconversion mode d'emploi

La première chose que l'on est tenté de faire lorsque que l'on engage le processus de "deuil" de son poste, c'est quand même d'aller jeter un oeil sur les postes similaires. On est toujours tenté de croire que l'herbe est plus verte ailleurs.

De plus, ça rassure de ne pas avoir à pousser sa réflexion trop loin en considérant toute la légitimité acquise à son niveau de responsabilité.

Résultats de la chasse au trésor:

- des postes similaires chez les concurrents. Tu sais ceux dont tu as toujours raillé publiquement le travail et les méthodes. Alors on se prend à croire qu'on est pas prêt à commencer d'intenter les prémices d'une once de tolérance à leur égard car tout bien pensé... Une belle marmelade d'idées destinées à rendre convenable ce qui était absolument indécent et inconcevable trente secondes plus tôt. Vraiment l'être humain est bien fait.

Soyons lucide deux secondes, y aller serait se travestir et une perte totale de crédibilité vis à vis de l'ensemble de son réseau.

- des postes au dessus de ton niveau. Bah oui tant qu'à y être autant rebondir encore plus haut. Et puis plutôt qu'être martyr, autant devenir bourreau (à la Django quoi). Et puis tu lis le contenu de l'annonce qui est rédigé par un cabinet de recrutement. Tu comprends à peine la moitié de ce qui y est écrit et très vite tu comprends que tu aurais l'air ridicule à l'entretien et que ce n'est peut-être pas pour rien que les briscards qui occupent ces postes sont tous de 20 ans tes ainés.

Alors arriver à ce stade, tu finis par envisager les choses sous deux angles possibles et cela concerne tous les secteurs d'activités auxquels on répond:

Solution 1: inverser les rôles dans l'échiquier

C'est à dire, je suis dans le camp de l'entreprise exécutante, donc je vais chercher un poste chez un de mes clients. Mais on n'a jamais vu Django s'amuser à tirer sur des esclaves. Alors basta!!!

Solution 2: et ce que tout le monde prend pour l'El Dorado, j'ai nommé (roulements de tambours) l'enseignement. Sauf que j'ai déjà donné et retourner enseigner à des morveux qui sont plus préoccupés par leur coiffure ou les Pokémons du quartier qu'à ce qu'ils viennent chercher comme de savoirs, non merci. Il reste la formation adulte. Là aussi déjà donné. Petit rappel pour ceux qui l'ignore: la composition d'une formation adulte est: 20% des mecs qui sont là ont un projet derrière et ont faim d'apprendre, 50% se pose encore la question de ce qu'il veulent faire plus tard quand ils seront vieux alors qu'ils le sont déjà et les 30% restants.... émargent.

Alors STOP!!!

Et comme disait Chirac noyé dans la foule américaine: "It is not a method!!!"

Il y a trois questions essentielle à se poser lorsque l'on envisage une reconversion:

1: qu'est-ce que j'aime profondément (c'est à dire à quel moment de la journée je me sens bien???)?

2: qu'est-ce que j'aime ou je n'aime pas dans mon travail?

3: où sont mes réelles limites (pas celles que l'ont a déjà maintes et maintes fois repoussées)?

Dans mon cas, mon moyen de décompresser de ma journée est de me mettre au fourneau. Je regarde ce qu'il y a au frigo et dans les placards. Je me lance le défi de faire un truc bon et rapide (ça c'est quand tu rentres tard car le week end le critère de rapidité n'est pas d'usage).

J'imagine une organisation (ça me rassure et me fait du bien de pouvoir suivre un cheminement défini en amont. Pas comme au bureau où tu cours d'un incendie à l'autre) et je déroule dans ma bulle.

Pour ma part, j'en ai conclu que j'aime le travail ritualisé, méthodique, qui donne une prestation en lien avec le plaisir (bah oui manger va au delà de la simple nécessité) et qui nécessite un contact avec les clients et les fournisseurs.

Partant de là je me suis souvenu d'une saison que j'avais effectué chez un charcutier traiteur en 2000 comme simple job d'été.

Je me souviens de toute la mise en place, la réception des produits, l'organisation des stocks, la préparation et les heures passées à éplucher, les cuissons, les odeurs...

C'est vrai que c'est une maigre expérience et que mon souvenir est lointain mais c'est déjà un bon début non?

Deuxième étape: transposer

On ne se rend pas forcément compte que l'on a tout un tas de compétences qui sont transposables dans d'autres secteurs d'activités.

Dans mon cas j'ai des compétences dans les achats, les stocks, la gestion, le calcul des coûts et des rendements. Quelle différence y a t'il entre compter des litres de peinture et des kilos de viande? Pour moi aucun (je parle en terme de gestion uniquement).

Je sais par expérience qu'être bon dans son savoir faire premier n'est pas garant de la réussite de l'entreprise. A l'inverse et pour l'avoir vécu, les gestionnaires qui gouvernent ont une vision uniquement analytique des situations. Ce qui ne concourt pas non plus à une bonne vision des choses. On a tous eu à porter des décisions de sa hiérarchie que l'on trouvait anti-productive...

C'est une fois que ce constat est fait que l'on se rend compte que l'on ne part pas "à poil". C'est tout de même plus rassurant d'envisager un tel cheminement dans ces conditions non?

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