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Délicate et saine

Délicate et saine

Journal d'une reconversion professionnelle. Ou comment passer de Directeur Travaux à Charcutier Traiteur.

Retour de fêtes acte 2

 

Il y a des moments dans la vie où tout vous sourit. Des moments où l’on se sent béni des dieux. Intouchable, pouvant entreprendre n’importe quoi et être couronné de succès.

 

A l’inverse la semaine précédent ce nouveau chapitre, j’avais maladroitement laissé un peu de chair et de peau sur un magnifique couteau trancheur de 50 cm qui me valut un séjour aux urgences pour une séance couture.

 

Ce malheureux épisode derrière, les temps plus festifs ne tardaient à poindre. Ce fut tout d’abord le cas chez Cathy et Hervé (voir post précédent) puis à présent chez Jérome (puis d’autres encore à venir mais je suis très en retard dans la rédaction).

 

Cette dégustation intervient deux jours seulement après celle chez Hervé.

 

Pour remettre dans le contexte tu sors d’un repas/dégustation où tu as reçu ton quota de belles quilles pour l’année et déjà tu te doutes que tu vas devoir remettre ça ! N’en jetez plus la coupe est pleine (rappelons qu’on est un lundi soir).

 

Il est donc 20h et nous sommes en plein centre ville de Bordeaux, sur une place qui est le poumon de cette ville (où plutôt le garde mangé) : la place des Capucins.

Pour ceux qui ne connaisse pas Bordeaux, « les Capus » sont à Bordeaux ce que Rungis est à Paris. LA place de la gastronomie girondine. C’est un signe.

 

Une bande de pot se retrouve, se claque la bise, chacun arrive avec un carton de verre (au minimum), le pâté fait maison, le pain tiède... on se croirait dans la pub du vieux pané que les plus jeunes des lecteurs n’ont jamais vu. Bon allez c’est cadeau ICI

On se refile un carton de quilles qu’on avait pris pour l’autre lors d’un déplacement, on raconte son retour du marché des vins d’Ampuis, on se chambre, se pince les fesses, se tape sur l’épaule… Une fois le tour des salutations fait, ma préoccupation est de trouver une carafe et un tire bouchon pour passer la quille que j’ai porté à l’aération rapide. On ne dirait pas mais faire cette simple action peut, dans ce contexte (de joyeux bordel n’ayons pas peur des mots), prendre un bon quart d’heure.

 

L’heure tourne et notre hôte de sa roque voix, nous invite à nous asseoir.

 

Sur la table se tient à notre disposition tellement de charcuterie que l’on peut aisément reconstituer un demi cochon, ce qui ne va pas pour me déplaire of course.

 

Ju (encore lui !) nous propose un vin effervescent.

 

Sa robe est or pale.

Son nez est sur la levure au premier abord est s’ouvre sur le citron.

Sa bouche est douce à l’attaque, la bulle est fine, la tension est là et le minéral aussi. La finale est un peu grillée. C’est très bon. William Deutz 99. Deux jours plus tôt, nous avions bu la cuvée Amour dans le même millésime. J’avoue lui préférer cette cuvée car plus de vivacité.

La première série s’annonce avec trois vins blancs.

Le vin n°2 est d’un or doré.

Son nez est boisé, minéral (sur le granit) et le pomelo.

La bouche propose une attaque vive, sur le miel puis on change de registre avec le poivre et une pointe végétale. La finale est sur les agrumes. C’est d’une longueur correcte avec de la fraicheur. C’est bien mais j’aurai aimé plus de fruit et de gras. Pour l’origine, personne n’y est. C’est la cuvée Mythologia 2000 de Primo Palatum fait par Xavier Copel. Je ne sais pas si les vignes lui appartiennent vu qu’il fait du vin un peu partout.

Le vin n°3 est or également mais plus clair sur l’extérieur.

Le nez est sur la pomme cuite et la canelle.

En bouche l’attaque est perlante puis la pomme fait son retour avec un côté calvados que je n’apprécie pas trop. La finale est épicée et un peu chaude.

Pas mon truc ce vin. Le tour de table se fait et l’identité du vin est rapidement trouvé. C’est une Coulée de Serrant 2009. Une petite dizaine de millésime au tableau de chasse et une seule belle rencontre… No comment.

Le vin n°4 est couleur paille

Son nez est exotique sur l’ananas frais puis le citron. Le gras est moyen avec une belle tension qui tient toute la bouche jusqu’à la finale d’une belle longueur sur le citron. Attention, c’est très bon. Il s’agit d’un Sancerre cuvée Satellite (dont le millésime m’échappe mais 2008 je crois) d’Alphonse Mellot. J’en trouve, j’en achète !

La série d’après nous propose deux vins blancs secs également.

Le vin n°5 est couleur claire.

Le nez est sur l’eau de rose, l’ananas et la craie.

La bouche est souple à l’attaque mais va se révéler très large ensuite. Le vin fait saliver. La finale est tendre marquée par le foin. C’est bon mais sans plus. Domaine de l’Aigle (Limoux je crois) chardonnay 2008 de Gérard Bertrand.

Le vin n°6 est couleur or.

Le nez est en premier temps sur la viande blanche (volaille) puis sur le noyau de pêche.

La bouche est sur le poivre gris en attaque avec en milieu de bouche, une minéralité et un fruit (citron) éclatant. La finale est moelleuse et fraiche d’une très grande longueur. C’est un très beau vin qui ne m’avait pas séduit au nez, mais quelle bouche ! Tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit d’un chardonnay de Bourgogne. Bingo : Corton Charlemagne 2001 de Bonneau du Martray.

Les blancs finissent sur une très belle note et c’est déjà la place des rouges.

Le vin n°7 est tuilé avec de légères suspensions.

Son nez est sur le poivron rouge, le cuir blond et la cerise burlat

En bouche, l’attaque est sanguine, sur la prune avec de beaux amers qui marqueront également la finale. La majorité s’accorde à voir ce vin en Bourgogne mais plutôt en côte de Nuits. Raté c’est un Pommard 1996 de Jean Marc Boillot. Très beau vin.

La lourde tâche de lui succéder revient au vin n°8 dont la robe est plus sombre.

Son nez est un peu réduit mais à l’agitation c’est beaucoup mieux avec la fraise écrasée et le caillou chaud.

L’attaque est fraiche et large. Le cacao et la fraise sont présents en milieu de bouche et se prolonge jusqu’en finale qui est d’une précision diabolique. C’est du petit lait. Très très beau vin. Ruchottes Chambertin 2006 de Armand Rousseau. Divin !

Le vin n°9 est d’une robe profonde, grenat sur l’extérieur

Le nez est plein, sur le cassis, voire la crème de cassis, la fraise et le menthol

La bouche a une attaque à l’image du nez : pleine. Puis vient le caramel et le poivre. La finale est puissante et encore marquée par les tannins. En l’état ce vin est bon mais il deviendra très grand. Hermitage l’Hermite 2008 de Chapoutier.

Le vin n°10 est légèrement tuilé.

Son nez sur le pruneau et la fraise est encore marqué par l’élevage.

La bouche est large dès l’attaque, les tannins sont bien présents. La bouche est généreuse avec de la réglisse et de la fraise écrasée. La finale est chocolatée et longue. Côte Rotie La Turque 2008 de Guigal. Sur cette série, j’ai préféré ce vin au précédent mais si vous en avez, oubliez les.

La série suivante trois rouges sont servis. Le vin n°11 c’est moi qui l’ai apporté. Je le connais bien pour l’avoir déjà dégusté.

Sa robe est profonde, grenat sur l’extérieur.

Son nez est sur la fourrure, la réglisse, la mure et la violette.

Sa bouche est souple à l’attaque. Puis la réglisse revient, le cacao qui signera la finale avec une pointe d’élevage.

Hermitage le Gréal de Marc Sorrel. Moins sur le fruit que lors de ma précédente rencontre. Période muette à venir.

Le vin n°12 est de robe similaire.

Son nez est complexe sur le cuir, le sous-bois et le gibier.

La bouche est précise dès l’attaque, puis large avec de superbes amers, de la tapenade et de la fraise n finale. Le vin est docile et plein. J’adore ! J’étais à Pauillac. C’est en fait un St Julien. Château Léoville Poyferré 2001.

Le vin n°13 est grenat.

Son nez est sur la cendre, le havane et le cèdre.

Sa bouche est sanguine à l’attaque. La trame est serrée avec une fraise guariguette pour le fruit. La finale est cendrée avec des tannins un peu fermes.

Même direction pour le pronostique cette foi-ci c’est bien un Pauillac. Château Lynch Bages 2001. Ce vin ira je pense, moins loin que son prédécesseur.

Place à la douceur avec un vin que nous a porté Thomas. C’est un peu la tradition que Thomas porte une veille cuvée de la propriété familiale. Le jeu n’est donc pas d’en trouver l’origine, mais juste le millésime.

La robe est orangée.

La bouche st sur l’écorce d’orange, le caramel et la pate de coing.

La bouche est d’un sucre moyen sur le caramel blond avec une finale sur la Suze et l’orange. Sainte Croix du Mont Château des Coulinats 1959.C’est surement le plus beau vieux millésime de la propriété que j’ai bu. Thomas si tu me lis, mets moi une caisse de côté !

Le dernier vin (le n°15) est orange, marron sur l’extérieur avec pas mal de suspensions.

Le nez est sur le cognac, l’abricot confit et le coing. Nez absolument génial.

La bouche est sur l’amende en attaque puis l’alcool chauffe un peu. Une fois passé cette sensation, le muscat et le coing tapisse la bouche et la finale se fond sur un beau caramel.

C’est très beau. Porto vintage Taylor’s Quita de Vargellas 1978.

Encore une belle soirée à se marrer, refaire le monde autour de belles quilles, parler de ses projets, remonter le moral des néo célibataires, prendre du bon temps après des soucis de santé… C’est un mode de communication très masculin, mais c’est comme ça que l’on ouvre son cœur comme on ouvre une bouteille soigneusement choisie.

Il y a dans ces moments plus que de la dégustation, il y a surtout la communion de mecs qui ont ce besoin de vivre l’instant présent sans vergogne et goulument. Sans basculer dans la débauche, ces moments de partage tintés d’une once de légèreté et d’insouciance sont les anti spleen qui nous unissent. Le vin est un point commun, un alibi, un trait d’union.

Ils sont bons ces moments hors du temps où l’on se croit au dessus des affres du quotidien et où l’on trinque à la vie telle qu’elle est.

 

Merci à tous les amis des longues soirées, je vous emmènerai avec moi au paradis des copains.

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