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Délicate et saine

Délicate et saine

Journal d'une reconversion professionnelle. Ou comment passer de Directeur Travaux à Charcutier Traiteur.

Made in Médoc

Made in Médoc

Il demeure parfois surprenant, voire incompréhensible que l'homme ait besoin de se défaire des choses pour comprendre combien celles-ci sont précieuses.

Toute ma scolarité au collège, s'était teintée d'un seul objectif: rejoindre Bordeaux au plus vite.

Fuir le Médoc!

Je ne pouvais pas rester plus longtemps dans ce carcan (non pas la plage de Carcans, celle-ci prend une majuscule et un s) culturel où les gens vivent renfermés sur eux-même où il faut un mois pour qu'un film arrive à l'affiche, un jour de plus à une lettre pour trouver son destinataire et un an pour le dernier modèle de basket à la mode (exagération d'adolescent ne l'oublions pas).

Il me fallait partir et cela dès le lycée. Le reste de mes études se faisant en ville et mes retours dans le médoc de plus en plus occasionnels. Les sorties, le travail, le sport et mêmes les amis sont à présent sur Bordeaux. A quoi bon retourner sur les terres de la péninsule médulienne?

Et puis les années passent, les potes s'effacent, les amis restent. Le travail devient de plus en plus central. Le foyer se crée et les enfants arrivent. Les week-end deviennent une denrée rare et l'on cherche à ne plus les gaspiller.

Les bons moments se passent autour de bonnes tables et se finissent tard ou même très tard dans l'intimité d'une poignée de gens précieux. Au coucher des épouses parfois, le coeur des hommes s'ouvrent. Les anecdotes (toujours les mêmes), les projets farfelus, les idéaux, tout y passe et l'on trinque au dernier verre qui en appellera un autre dans moins de dix minutes.

On refait le monde en se jurant de monter un "business" ensemble.

Bon soyons lucide, ce business ressemble toujours à un endroit où il y en a un qui fait à manger, l'autre qui sert à boire, l'autre qui assurera la partie commerciale tant dis que le dernier s'occupera de l'intendance vu que c'est le seul à savoir tenir un marteau.

Et puis tant qu'à faire, autant que cela se déroule dans un cadre que tout le monde aime. Où le soleil brille tout le temps et où nos femmes travaillent, cuisinent et font le ménage ensemble.

Les journées passent, puis les week-end (52 ou 53 par an) puis les années. Les projets se concrétisent pour certains, sont repoussés ou oubliés pour d'autres.

Mais il reste cet appel de la terre. Laquelle? La notre. Celle d'où l'on vient.

Celle que l'on voyait si laide lorsqu'on était jeune et qui nous manque tant à présent.

La mienne, c'est le Médoc.

Terre de vin, de maïs, de chêne et de pins. Terre d'eau douce et d'eau salée, de poissons et de gibiers. Terre de vertus qui donne à celui qui l'entreprend, la possibilité d'être fier de son travail.

Terre de ressources et de labeur, terre d'or et de sueur.

J'ai dû voyagé loin pour m'apercevoir que mon équilibre y est ici sans artifice ni pudeur.

J'ai dû partir pour être fier de mes origines.

A ce qui me voyais Bordelais, leur répondre du tac au tac que Bordeaux est au Médoc ce que Paris est à la France: un épicentre finalement si loin de tout qui consomme ce que l'on produit.

Je suis un pignada, un gourlit, un cadois, un esgolat.

Ma vie sera nationale voire internationale, ma charcuterie sera Médoc ou ne sera pas.

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