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Délicate et saine

Délicate et saine

Journal d'une reconversion professionnelle. Ou comment passer de Directeur Travaux à Charcutier Traiteur.

Rencontres Bourguignones.

Rencontres Bourguignones.

Passer trois jours en Bourgogne lorsqu'on est passionné de vins, c'est un peu comme assister à un match à Cardiff ou Twickenham pour un passionné de rugby. C'est l'essence même de sa passion. Une consécration en sorte.

Arrivés vendredi pour baptiser le dimanche, celle qui deviendra ma filleule, nous avons longé la côte Chalonnaise pour arriver. Les premiers vignobles se dessinent mais rapidement, je prends conscience que la Bourgogne est surtout céréalière: du maïs, du blé, de l'orge à perte de vue. Je me croirai dans le Médoc!!! On m'aurait menti?

Nous prenons la direction de Beaune mais nous nous arrêterons 15 kilomètres en amont car nous séjournons un peu avant. Je reste donc sur ma faim, impatient de rencontrer ce vignoble de légende qui n'aura donc pas montré ses galbes.

Le temps de prendre nos quartiers chez nos hôtes Charléne et Bernard, faire un plouf dans la piscine pour étancher les 6h de route par 35 degrés dehors, une douche et hop, c'est déjà l'heure de repartir chez Lucie et Nicolas.

Je retrouve Lucie mon amie qui a eu la géniale idée de mettre au monde, 8 mois plus tôt, deux filles (jumelles of course): Alice et Juliette, que nous baptiserons dimanche. Allez comprendre pourquoi leurs parents qui ont déjà fait preuve de folie en me choisissant comme ami, m'ont également fait parrain d'Alice? Les embrassades et la joie de se retrouver, la visite de la nouvelle maison et la rencontre avec les parents de Nico: Fanny et Panisse. Nous leur donnerons ces patronymes afin de conserver leur anonymat. A eux deux, ces Niçois sont en quelque sorte du Pagnol à l'état brut. De l'accent, des expressions et de la répartie comme un match de ping-pong. Des vraies GUEULES quoi!

Une soirée à partager, rire, blaguer et déguster sans recracher (oui certains appellent ça picoler, moi je dirai, travailler l'art de la dégustation sans filets).

La soirée se fond doucement, la mine fatiguée par le trajet, nous nous résignons à regagner nos quartiers sans voir Nico, de service ce soir-là.

Nico? C'est un CV long comme le bras. Un sommelier hors pair qui connaît le vin, ses accords, classiques et improbables et qui manie l'humour comme peu. Une de ces personnes qui vous met à l'aise de suite et fait de votre soirée un moment unique. Il officie depuis un an à l'Hostellerie de Levernois.

https://www.relaischateaux.com/fr/france/levernois-cote-d-or-levernois-beaune

Nous nous sommes connus à l'époque où il travaillait en tant que chef sommelier à Cordeillan Bages.

https://www.relaischateaux.com/fr/france/cordeillan-gironde-Pauillac

Le samedi matin, un bon petit-déjeuner englouti et l'on se sent excité. Comme lorsqu'on attend son jour de rentrée et que ça y est, on va retrouver ses copains de classe et montrer ses nouveaux souliers ;-)

Direction Beaune, visite des Hospices (passage obligé), bijou d'architecture et d'art Bourguignon. Petit tour sur le marché et les boutiques adjacentes et nous filons déjeuner à Levernois où dans un cadre décontracté et ombragé, Bernard (notre hôte qui officie également à Levernois) nous prépare un accueil chaleureux au sein de ce bel établissement. Une cuisine du marché, aux accords justes et de bonne facture. Une sélection de fromages (une cinquantaine) constellée de pépites et une pâtisserie utilisant des accords efficaces pour créer le point final d'un agréable moment sous les arbres, au bord de l'eau.

Charlène (oui elle aussi travaille à Levernois) nous rejoint à la boutique de l'hôtel pour nous faire découvrir une somme de trésors de la gastronomie locale. Nous faisons le plein de bonnes choses et prenons la route.

Cette fois-ci nous devons faire un choix: côte de Beaune ou côte de Nuits?

Choix cornélien s'il en est, mais pour une première en Bougogne, je ne me voyais pas ne pas aller saluer la Conti, la Tâche, les Bonnes Mares, les Amoureuses, Musigny, Chambertin, les Clos de Tart, de la Maréchale, St Jacques...

Je me suis senti comme un enfant dans ce vignoble mythique à sillonner les parcelles, escalader des murets, parcourir les plans.

Le pèlerinage a duré comme cela tout l'après-midi. Puis nous prenons la route et rentrons à St Loup Géanges retrouver nos deux médocains expatriés au pays du Pinot Noir et du Chardonnay, des cagouilles (mais grosses celles-là) et de la Charolaise (et du maïs ne l'oublions pas).

Tout le monde est là. Je fais la connaissance de la famille, dois retenir 20 prénoms, dire autant de fois que le mien est Sylvain, que celui de ma femme est Stéphanie et que dimanche je serai promu parrain d'Alice et non Juliette. Si je suis sûr? Oui, même si ma femme a bien tenté de me mettre le doute pendant les 6 heures de route. Une soirée encore à blaguer dans une ambiance d'auberge espagnole où se croisent les accents Niçois (chantant la première lettre de chaque mot et mangeant la dernière. Ainsi une pizza devient une Pizz) et ceux des autochtones, roulants les R. Où l'on rit des surnoms des marins, des blagues de chantiers, des anecdotes de profs, des perles de l'hôtellerie...

Le dimanche, on fit de moi un parrain, on fit d'Alice ma filleule et de nos deux familles une seule. J'ai rencontré de nouvelles personnes: des éleveurs du Morvan, des retraités charcutiers, des fous de vins, le Picasso de Merceuil. Que des gens formidables! Je me suis senti dans mon élément au milieu de ces personnes qui ont la passion de ce qu'ils font. Qui entreprennent en mettant un point d'honneur à faire les choses du mieux qu'ils peuvent. Qui arborent fièrement leurs origines paysannes, qui ne se prennent pas au sérieux et partagent avec un naturel hors du commun.

Je me suis pris à penser que cette famille à laquelle je venais d'être rattaché, était dans de bonnes mains. Même si c'est toujours difficile de voir partir les personnes que l'on aime, il faut se résoudre à accepter qu'il y a mieux pour eux ailleurs.

Alors à vous Lucie, Nicolas, Marius, Louise, Juliette et Alice, je voulais vous dire que je vous aime et que je vous remercie de m'avoir donné l'opportunité de faire partie de votre famille.

Je reviendrai en Bourgogne le plus souvent possible vous voir grandir, vieillir, évoluer, cheminer, devenir.

J'ai aimé votre région autant que vos amis et votre famille.

Mille mercis pour votre générosité sans fin.

Le parrain du médoc sur qui vous pourrez toujours compter.

Sylvain.

Rencontres Bourguignones.
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Cathy 24/01/2017 21:41

Nous avons aussi, en octobre dernier, eu la chance de profiter de la gentillesse et de l'amour de la vie de Lucie et de Nicolas dans leur nouvelle région et leur toute nouvelle demeure. Ils n'ont pas changé et ont toujours le cœur sur la main au milieu de leur belle famille. Nous avons aussi apprécié l'accueil qui nous a été réservé au restaurant où travaille Nicolas: un vrai régal. Super que tu sois le parrain de l'une des jumelles. Bises

Sylvain Andreux 24/01/2017 21:58

De belles personnes que l'on ne pouvait retenir, hélas.